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« Les coulisses d’automne », 14 – 22 octobre 2011, Salle du Jeu du Mail

2011-09-20

C’est déjà la 24ème année ?!?

Difficile de le croire…

Mais oui, l’AFTHA vous présente son 24ème Festival de Théâtre, « Les coulisses d’automne ».

Fidèle à lui-même, toujours différent, le Festival se déroule cette année du 14 au 22 octobre. 5 soirées, 8 compagnies, plus un spectacle Jeune Public en partenariat avec la MJC qui – précisons-le tout de suite – est présenté dans les locaux de la MJC le mardi 18 et à la salle de l’Acacière de la Tour du Crieu le mercredi 19.

Les autres spectacles auront lieu à la Salle du Jeu du Mail de Pamiers.

Comme tous les ans, le bar de l’AFTHA ouvre ½ h avant les spectacles – et reste ouvert pour vous permettre de finir la soirée en beauté.

Deux samedis seront des soirées Café-Théâtre avec la formule:  Un concert apéro gratuitUne petite restauration (6 € l’assiette) sur placeUne pièce de Théâtre

Ce modus a beaucoup plu au public – et à nous même, pour qui présenter du Théâtre est intimement lié au partage, à une belle discussion, à un bon verre et, pourquoi pas, à la fête !

Voici le programme complet :

Vendredi 14 octobre, 20 h 30 : « Comédie » de Samuel Beckett par la Cie« Oui, Bizarre » / En deuxième partie de soirée : Jazz avec Jean-Paul Raffit et Frédérik Lacourt

Samedi 15 octobre : Soirée Café-théâtre, petite restauration possible sur place / 19 h : concert apéro avec « Mili  / 21 h : « Public or not public » par le Théâtre de l’Esquisse

Mardi 18 et mercredi 19 octobre: Spectacle Jeune Public à La Tour de Crieu (mercredi 19, 10 h et 11 h) « Je viens avec toi » par la Cie des petits chemins

Jeudi 20 octobre, 20 h 30 : « J’ai examiné une ampoule électrique et j’en ai été satisfait » de Daniil Harms par l’Atelier Volant du TNT, Toulouse – mise en scène Laurent Pelly

Vendredi 21 octobre, 20 h 30 : « La douleur » de Marguerite Duras, par le Théâtre du Pavé – mise en scène Francis Azema – avec Sylvie Maury

Samedi 22 octobre: Soirée Café-théâtre, petite restauration possible sur place /  19 h : concert apéro avec « Dine et Déon» / 21 h : « Solo pour Manueline » Ecriture et dramaturgie de Jean-Philippe Ibos

Réservations : toujours à l’Office de Tourisme de Pamiers 05 61 67 52 52

Les prix de l‘AFTHA restent inchangés  et ceci depuis quelques années, malgré une hausse des coûts générales considérables. C’est aussi ça notre apport à une culture abordable pour toutes et tous ! Plein tarif 10 €, tarif réduit 8 €, Pass Festival 25 €

Trois mots clefs pour cette édition volontairement contrastée :

Emouvoir – interpeller – divertir

Dans la programmation théâtrale de l’AFTHA nous avons toujours souhaité faire cohabiter les différentes facettes de l’existence.

Sublimé dans le texte, dans la mise en scène et dans le jeu de comédiens,  le Théâtre dépasse les scissions qui peuvent séparer les sujets triviaux des nobles. Dans l’art, tout peut partir d’un rien. L’insignifiant ou le tout personnel explose dans une langue qui parle à tous et à chacun, tandis que les grandes tragédies collectives deviennent une affaire intime. Joies et peines, actions échouées, vie réussies, amours condamnés … le Théâtre – comme la vie même –  brasse sans différence. En ce sens, le théâtre peut être une des réponses à ce chaos.

Le Festival débute avec une immense figure de la littérature contemporaine.

Un écrivain qui, comme peu, a modernisé la langue théâtrale : Samuel Beckett,  Prix Nobel en 1969. Irlandais de naissance, il a vécu une grande partie de sa vie d’écrivain à Paris et a participé activement à la Résistance contre le régime Nazi.

Ce soir, la compagnie Oui, Bizarre met en scène et joue « Comédie » (vendredi 14 octobre).

Toute l’étrangeté de Beckett est là : trois personnages, enfermés dans d’immenses jarres, réduits à leur simple têtes, leurs visages grimaçants, tentent de se faire comprendre. La lumière est le tyrannique chef d’orchestre de cette partition à trois voix telle trois bandes son qui cherchent à happer la parole. Que s’est-il passé ? Une histoire de tromperie affective, de cocus … mais ce serait sans compter sur Beckett pour penser que « Comédie » ne parlerait simplement que du comique de la situation du trio amoureux !  Car l’humour est chez lui toujours au service d’une immense dérision. Celle ci puise dans une lucidité sur l’abyssal grotesque de nos vies d’humains.  « Vous êtes sur terre, c’est sans remède ! » dit l’un des protagonistes d’une autre pièce (« Fin de partie »). Déroutante, questionnante et cruellement drôle à la fois, la mise en scène d’ Isabelle Luccioni reste chevillée à sa source : un texte autant en ouverture qu’en abîme.

S’ensuit, en deuxième partie de la soirée, un concert de Jazz avec Jean-Paul Raffit (guitare) et Frederik Lacourt (saxophone). Des morceaux d’auteur et quelques classiques sud-américains, dans une belle limpidité musicale …

Le lendemain, la première soirée Café-Théâtre (samedi 15 octobre), avec deux pointures, très différentes :

La jeune chanteuse MILI, découverte à Toulouse et depuis emménagée en Ariège, est une fille à part. Maitrisant toute une gamme de style sur sa guitare, elle bluffe par la liberté non seulement de sa voix et de ses vocalises, mais plus encore par celle de son écriture. Affranchie et rebelle, taquine et chaleureuse – couplée avec la finesse des gens qui se ne prennent pas (totalement) au sérieux. A voir et à écouter !

A découvrir donc, comme la pièce « Public or nor public » du Théâtre de l’Esquisse

S’il manquait à ce Festival un moment d’épopée, de fresque grandiose, d’Histoire avec un grand « H » – c’est chose faite !!  Enfin … presque ! Car l’épopée est là, mais sans son goût héroïque ; la fresque n’est pas grandiose, mais à taille humaine (vous allez voir) ; et l’Histoire est celle des gens comme vous et moi, des gens qui vont au Théâtre. Cette pièce traite d’un composant indispensable, souvent négligé, à cet art : le public ! Mais attention, pas juste le public qui est assis ce soir là dans une Salle du Jeu du Mail … Telle une tornade, les quatre trublions comédiens brassent l’histoire du Théâtre, de ses origines jusqu’à nos jours, en passant par toutes les époques, utilisant juste quelques accessoires très parlants, sortis d’une grande valise magique … C’est foncièrement drôle, rapide, inventif et surtout réjouissant.  Mieux encore, le public aura, enfin, ce soir son mot à dire 😉 !

Petit intermezzo pour le spectacle Jeune Public, programmé par la MJC et l’ACLEA :

Mercredi 19 à 10 h et 11 h à la salle Acacière de La Tour de Crieu (rens. 05 34 01 32 80)

« Je viens avec toi » de la Cie des petits chemins est un spectacle pour les tout petits – car oui, déjà à 18 mois ( !), on peut être sensible au Théâtre, mais on n’a pas tant l’occasion d’y aller …  ! Cette création tendre et sensuelle adresse à des enfants de 1 ½ ans – 6 ans.

En partenariat avec la MJC de Pamiers et l’ACLEA de La Tour du Crieu

Le jeudi 20 octobre, nous allons faire un voyage vers une réalité encore différente: celle de la toute jeune Union Soviétique.

Petit tour d’abord vers Toulouse : c’est au Théâtre National de Toulouse (TNT), qu’a lieu pendant toute une année un Atelier pour jeunes comédien(ne)s, l’Atelier Volant.  Une formation intense et variée, qui se termine avec une création finale, cette année sous la direction du directeur du TNT lui-même, Laurent Pelly.

Ces jeunes comédien(ne)s nous arrivent avec une pièce écrite par un écrivain russe, Daniil Harms (1905 – 1942) avec cet énigmatique titre « J’ai examiné une ampoule électrique et j’en ai été satisfait » (jeudi 20/10).

Après le trauma de la première guerre mondiale, des courants novateurs et « modernes » naissent en Europe – les débuts du surréalisme et du dadaïsme (aussi le « Bauhaus » et la danse expressionniste) viennent de cette époque. Il faudrait situer l’écriture de Daniil Harms dans cette recherche expérimentale, mais ne pas oublier que tout ça se passe dans l’Union soviétique de Stalin. Harms était en effet un des fondateurs d’un courant littéraire et philosophique appelé le ‘modernisme russe’, vu d’un très mauvais œil par le régime. Tout l’absurde de la vie dans un système sclérosé par d’obscurs principes et règles bureaucratiques apparaît dans le titre de cette soirée. L’auteur est mort à 36 ans dans un asile  psychiatrique … mais il revit à travers la découverte de ses textes sur de nombreuses scènes de théâtre, aujourd’hui.

Souvent comiques, même si sur un fond terrifiant, loufoque et déjantés, virant parfois vers le fantastique, les « miniatures » – extraits de texte, mini-scènes – présentés  par sept jeunes comédiens nous plongent dans un univers décalé, loufoque, résistant comme un mauvais herbe à toute récupération. Une magnifique scénographie reflète l’onirique, presque fantastique de l’écriture de Harms. Les personnages, cabossés, dépassés par ce qui leur arrive ou obstinés dans une logique qui leur est propre sont touchant d’humanité.  –

Après la présentation, un ‘bord de scène’ sera proposé  pour un échange entre spectateurs et comédiens. –

En partenariat avec le Service Culturel et le TNT

Le lendemain, un thème très personnel et terriblement universel. Sur les planches de la Salle, « La douleur » (vendredi 21/10) de Marguerite Duras, où une femme attend son mari. Mari qui a été déporté dans le camp de concentration de Dachau, et dont elle ne sait pas si il est encore vivant. Duras a écrit les bases de ce texte pendant et après la guerre sous la forme d’un journal et de notes ; elle n’était pas encore connue. Le livre n’a été  publié que seulement en 1985. Comme souvent chez elle, l’expérience autobiographique est devenue le terreau de son écriture. La question du ‘véridique’ est supplantée par la nécessité des mots, dans cette langue qui lui est propre, langue à couper au couteau, tranchant à vif dans les bons sentiments, sans tabous, se livrant à nu.

Pour la mise en scène d’un tel texte, il aura fallu une comédienne aussi extraordinaire et sensible que Sylvie Maury, connue du public appaméen pour son rôle de Mademoiselle Julie dans la pièce du même nom de Strindberg, présentée en février 2009.

Francis Azema, du Théâtre du Pavé à Toulouse, est le metteur en scène de la pièce de ce soir. La comédienne, sans pathos aucun, mais avec une intensité ramassée d’autant plus émouvante, porte la plume de Duras à son paroxysme, sans y tomber. Son souffle, plein de rage, de désespoir, d’angoisse tient le public ferré à ses lèvres, pénétré par cette voix venue des tréfonds de la douleur.

Une expérience théâtrale qui simplement ne laisse pas indemne.

Le Festival se termine le lendemain, le samedi 22 octobre, par une deuxième soirée Café-Théâtre

En apéro concert, le groupe « Dine & Deon » avec ses quatre musiciens qui vacillent entre ambiances des années folles et celles des bodegas sud-américaines. Du tempérament et de la gouaille, du doux comme de l ‘amer, servi chaudement … !

Dans la pièce de Théâtre (après la petite restauration proposée par l’Aftha)  « Solo pour Manueline » par l’Atélier de mécanique générale contemporaine, l’héroïne raconte les déboires affectifs d’une jeune femme trentenaire à notre époque, celle du jetable – les humains (amants ou amantes) inclus. Dans ses histoires, plus d’un(e) se reconnaîtront, au moins par bribes…  Mais Manuéline est la première à se moquer de ce désastre. Son témoignage plein d’humour et de fantaisie héberge en creux un regard observateur et lucide sur les hommes,  sur l’état des relations amoureuses et de la société actuelle.

  Festival labellisé et soutenu par le Conseil Général de l’Ariège

Avec  l’aide de la Mairie de Pamiers

et de la Région Midi-Pyrénées

En partenariat avec la MJC de Pamiers, l’ACLEA et les Radio Oxygène et Radio Transparence

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