Aller au contenu principal

« Les forains », samedi 10 novembre 2012, Salle du Jeu du Mail, 20h30

2012-10-29

De Stephane Wojtowicz, par la Cie du Périscope

Mise en scène Laurent Deville

Avec Louise Boudevin, Fréderic Cyprien, Christelle Lehallier, Antonio Scarano, Nicolas Simmoneau

Le rideau s’ouvre sur un décor mi-féérique / mi-délabré. Une petite caravane, des lampions, des chaises autour d’une tablette, des planches de bois et des cartons, la ferraille… : un campement de forains, entre une décharge et une voie ferrée.

C’est la nuit. Nono est allé chercher une pièce pour le camion, Jacky a préparé les raviolis en boîte et Eddie regarde passer les trains comme on regarde passer les heures qui nous échappent.

Mais cette nuit là, l’horloge se coince, un train s’arrête, deux êtres descendent, Hélène et Olivier. Le monde des «gens biens », civilisés, roulant sur la voie droite d’une société qui file à toute allure, freine dans ce nulle part peuplé de ceux qui restent au bord des rails – les exclus, les rustres, les marginaux.

Une rencontre a lieu…

Tout de suite, ça crisse. Ça coince, ça fait des étincelles.

On est en plongée directe, comique et crue, en plein cœur de l’humain. Les humains, ils peuvent être comme des animaux : féroces et craintifs, dans une logique bien à eux. Et on le verra vite : ça vaut pour le monde poli, cravaté comme pour celui qui est couvert de cambouis et de gras.

Qu’est-ce qu’il me veut là, l’Autre ?

Sans trop attendre, on est dans l’absurde ; pourtant la pièce est réaliste à souhait. Les dialogues claquent, courts, comme des balles de ping-pong qui se répondent et se ratent, rapides comme des fusées. Ils sont tous désorientés : les braves gens qui veulent bien faire comme les forains, qui ne le prétendent plus.  Au départ de la pièce, ces forains collent encore parfaitement à l’image que l’on se fait d’eux, souvent ancrée dans les préjugés. Or, les représentations volent en éclats au fur et à mesure de l’avancée du récit.

La folie monte d’un cran, la satire se construit toute seule. Oui : Qu’est-ce qu’il me veut là, l’Autre ? D’un coté, notre société prône la tolérance et on a 2381 amis sur internet, d’un autre elle produit un individualisme forcené qui doit s’affirmer, dans un monde devenu de plus en plus complexe. Au bout de la route, une cruelle solitude nous attend, et cela sans distinction d’appartenance sociale.

Cette très jolie pièce, sous un aspect baroque et drôle, pose la question très sérieuse de la rencontre de la différence, comment dépasser la bulle de nos croyances, et des béquilles qui nous tiennent debout (et qui tombent ici).

Tous les comédiens habitent leur rôle à merveille. Sous une férocité apparente, le tendre luit toujours. Burlesque, mais jamais grossier, satirique sans forcer le trait, l’action monte pour finir en jubilation.

Un spectacle à voir en famille, à partir de 10 ans (gratuit pour les moins de 12 ans).

Durée 1h 30

Tarif: 10€ / 8€  pour étudiants, demandeurs d’emploi, -18ans et adhérents AFTHA / MJC / ACME

Réservations: Office de Tourisme de Pamiers 05 61 67 52 52

Comme tous nos spectacles, cette soirée reçoit l’aide de la Mairie de Pamiers, du Conseil Général de l’Ariège et la Région Midi-Pyrenées

No comments yet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :