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« Démons » de Lars Norén – 22 novembre 2013, Salle du Jeu du Mail, 20h30

2013-11-03

Demons-les-ombres-webPar Quad et Compagnie, mise en scène Nathalie Nauzes

Pour ceux qui veulent revoir cette pièce ou les conseiller à des ami(e)s:

elle sera reprise le 10 décembre 2013 au Théâtre SORANO à Toulouse

Voir le trailer

Attention – cette pièce est une bombe !!

Une bombe à retardement …. un voyage dont on ne sait pas trop la destinée, mais dont on pressent très vite que ça ne sera pas dans les eaux calmes. C’est une histoire qui se déroule, là, devant nos yeux de spectateur, en temps réel. Quoi de plus banal : un couple, classe moyenne, ensemble depuis 9 ans, invite le couple de longue durée lui aussi, habitant en-dessous de leur appartement, pour passer la soirée ensemble.

4-canape-webMais dés le début, on est invité, nous aussi, à une dimension qui a peu à faire avec la lisse surface du joli appartement, canapé de design compris. Les premiers 20 minutes (ou plus ?) de la pièce se passent dans une presque obscurité, tenue par les chuchotements entre Frank et Katarina, par les éphémères lignes de leur silhouettes, par les visages comme suspendus dans le vide. Magnifique travail de lumière, qui se poursuit tout au long de la pièce, qui laisse devenir plus grande que le réel la terreur, mais qui sait aussi envelopper les gestes de tendresses. Et astucieux démarrage qui nous plonge d’emblée dans l’arrière-chambre de ce couple qui se haït autant qu’il a besoin de l’autre. Dans cette arène perpétuelle sont convoqués Tomas et Jena, voisins d‘immeuble, tel un espoir de soulagement et de trêves. Le lien de ces deux là, on le comprend très vite, est tout autre – mais la violence y est aussi, elle porte simplement d’autres habits, se niche dans d’autres gestes.

kata_frank-webLa soirée avance. On ouvre une bouteille, on met une musique. Des confessions commencent, et forcement des règlements de comptes. Une volonté farouche de se libérer semble habiter chacun des quatre personnages – mais se libérer de quoi ? Car ce qui se joue en scènes, cris, dérapages, provocations ou effondrements ne pourra s’apaiser par rien, encore moins par sa tendre moitié. Sur la table, l’urne avec des cendres de la mère de Frank, comme un rappel de la finalité de tout ça. Et pourtant : ici rien n’est sinistre, aucun appel au morbide, ni qu’on ne parlerait de solution. Depuis longtemps (autant que la pièce avance) on comprend qu’il s’agit d’un spectre plus grand que celui des batailles dans un couple. Chacun est dépassé par le réel, ou, comme Nathalie Nauzes le formule « L’écriture est en marche ». Ici, on est simplement et profondément vivant. C’est cela qui fait qu’on n’a jamais envie d’abandonner un des personnages ….

La scénographie

tomas_frank-WwebEn peu de couleurs, dans un largueur qui fait penser à un écran cinématographique, le décor flirte ouvertement avec le réalisme de Cassavetes, cinéaste américain indépendant. L’apogée de ses films avait lieu dans les années 70 et 80 – la période ou joue aussi la pièce de ce soir. Le parallèle du temps est pourtant fortuit. Autant Cassavetes que Norén ont créée des films et des pièces hors temps. Leur familiarité devient par contre évident par leur regard sans ménagements et pourtant empathique sur les hommes et les femmes d’aujourd’hui.

La metteuse en scène et sa troupe

Nathalie Nauzes a mis en scène la pièce en 2010, ensemble avec Quad et Compagnie, une troupe toulousaine. Ils l’ont représenté sur la scène du TNT (Théâtre National de Toulouse). Des 3h du début sont restées 2 h ½. (à compléter prochainement)

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L’auteur

Lars Norén naît en 1944 à Stockholm dans une famille d’hôteliers restaurateurs suédois. Précoce, il écrit des poèmes dès ses douze ans. C’est d’ailleurs en tant que poète qu’il se fait d’abord connaître en publiant de nombreux recueils de poésie dès 1962. A la mort de sa mère – il a 21 ans – il passe par une grave crise de schizophrénie ; il est alors interné en Hôpital Psychiatrique. C’est l’écriture qui le sauvera. Poèmes, drames en série, huis clos, Lars Norén développe depuis son plus jeune âge une connaissance accrue des abîmes qui logent dans l’âme humaine.
 En 1973 il débute comme auteur dramatique avec Le Lécheur de souverain, une commande du Théâtre Dramaten de Stockholm. D’abord un échec, elle deviendra, lors de sa reprise à la fin des années 80 un véritable succès à scandale. Un auteur de Théâtre est né. En 1984, il écrit « Démons », pièce présentée ce soir. Elle fait partie de plus de quarante pièces en vingt ans, dont une vingtaine sont traduites et publiées en français.

jenna_thomas_webLe théâtre de Lars Norén est puissant, intemporel et parfois d’une grande violence. Mais, n’oublions pas cette phrase de lui : « Je peux rendre la matière de la vie sans l’humilier ».  Il ne recule devant aucun désespoir, aucune ridiculité, aucun égarement. Il embarque dans un pays ou le grave n’est exempt d’une certaine drôlerie, et ou le couteaux attend sous des phrases anodines. On le considère comme le successeur de August Strindberg, Tchekhov, Ingmar Bergman ou Ibsen.

Les années 90 marquent un tournant dans l’œuvre du dramaturge. Le théâtre de Norén devient alors “sociologique”, abordant la tragédie des sociétés contemporaines, se tournant vers les exclus, les démunis, dont la voix n’est pas à entendue dans une Suède moderne.

A partir la fin des années 1990, l’écrivain met en scène des pièces de théâtre d’autres auteurs (Tchekov, Primo Levi) ; il publie et met en scène À la mémoire d’Anna Politkovskaïa, en référence à la célèbre journaliste russe assassinée en octobre 2006. L’écriture des pièces, souvent suivie par sa propre mise en scène, n’a jamais cessée.

Aujourd’hui, l’ensemble de son œuvre est mondialement jouée.

Tarif: 12€ / 8€, Durée: 2h30

Réservations: Office de Tourisme de Pamiers, 05 61 67 52 52

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